12.06.2011
Redevenir Homme et au-delà
En reconnaissant que le choix d'une forme politique, d'une spiritualité modernisante ou encore de la bannière d'une homme providentiel, ne sont qu'accessoires, au mieux subordonnés au ralliement à une vision-du-monde traditionnelle, à un paradigme de lutte contre le monde moderne; il est alors indispensable de recréer un matériel humain digne. Par essence semblables aux lignées aristocratiques de ce qu'a pû offrir de meilleur le monde indo-européen, par le corps, par l'âme et par l'esprit, ces hommes doivent orienter leur être dans le sens offert par un ethos anagogique et total. Un ensemble de valeurs définit le principe de réalisme héroïque qui doit fonder cette nouvelle "race" d'homme et nous nous tiendrons à les exposer, à distiller une culture, un style propre à l'homme différencié.
Nous conseillons en premier lieu de lire le texte de Julius Evola intitulé Orientations et l'article Orientations essentielles.
Par contraste, voir la description que fait Julius Evola de la race de l'homme fuyant, tel le dernier des hommes de Nietzsche, l'homme moderne.
De même réaliser à quel point le monde moderne a pû changer jusqu'à la définition des valeurs et vertus qui ont fait la grandeur de l'homme du monde indo-européen - tentant par là-même de lui retirer les bases nécessaires à sa reconstruction -, grâce à cet ensemble de textes de Julius Evola sur l'affaiblissement des mots : Virtus, Pietas, Labor, Patientia, Humilitas et Honos.
- L'une des premières vertus à connaître et à développer étant un réalisme héroïque, il est nécessaire d'atteindre par une forme d'amoralisation la meilleure objectivation. Ce réalisme ne peut être atteint qu'en se déconditionnant des affres du monde moderne et des formes religieuses étrangères à l'esprit principiel de l'homme indo-européen. Ethos : Amoralisation et objectivation, le karma
- Dans un but anagogique, une autre vertu principielle, est celle de l'impersonnalité active, pour dépasser le strictement humain - représenté par l'ego et l'individualisme pathologique du Moi - et toutes ses passions; dans la recherche d'une transcendance s'exprimant dans un type absolu, dans le type du héros, considéré comme modèle. Ethos : Personnalité et typicité
Essere di Destra

Adriano Romualdi, Che cosa significo essere di Destra, 1965
« Etre de Droite signifie, en premier lieu, reconnaître le caractère subversif des mouvements issus de la révolution française, que ce soient le libéralisme, la démocratie ou le socialisme. Etre de Droite signifie, en second lieu, voir la nature décadente des mythes rationalistes, progressistes qui préparent l'avènement de la civlisation plébéienne, le règne de la quantité, la tyrannie des masses anonymes et monstrueuses. Etre de Droite signifie en troisième lieu concevoir l'Etat comme une totalité organique où les valeurs politiques prévalent sur les structures économiques et où l'expression «à chacun son dû», ne veut pas dire égalité, mais équitable inégalité qualitative. Enfin, être de Droite signifie accepter comme personnelle cette spiritualité aristocratique, religieuse et guerrière qui a marqué la civilisation européenne, et – au nom de cette spiritualité et de ses valeurs – accepter la lutte contre la décadence de l'Europe.»
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03.06.2011
Bushidô : Le guerrier comme la fleur de cerisier
Hana wa sakura gi hito wa bushi
Entre toutes les fleurs, la fleur de cerisier;
Entre tous les hommes, le guerrier.
Proverbe Bushido
Chiru wo itou
yo ni mo hito ni mo
sakigakete
chiru koso hana to
fuku sayoarashi.
Peu importe de tomber,
Avant tout le reste, avant tous les autres.
C'est le propre de la fleur de cerisier,
Que de tomber avec noblesse,
Par une nuit de tempête.
Yukio Mishima
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Empédocle et le Sphaïros

Jean Biès, Empédocle, philosophie présocratique et spiritualité orientale
Le Sphaïros rappelle plus particulièrement l'«Oeuf du Monde», ou Brahmânda, contenant en germe toutes les possibilités du cycle futur de manifestation, et d'où sortent les créatures à des degrés divers d'achèvement. Mais tandis que la forme de l'Oeuf cosmique correspond à un état déjà différencié, conséquence d'une polarisation ou d'un dédoublement du centre, - ainsi des deux moitiés constituant le ciel et la terre, - la forme de la sphère est primordiale et précède toute manifestation. Elle symbolise, comme on l'a dit, «l'Unité de l'Être, la plénitude de ce qui demeure, le dépassement de toute multiplicité». Au coeur de la sphère se concilient et se résolvent toutes les oppositions : dans «l'antre de l'Harmonie», dont le rôle est de tenir fermement sous la loi les différents dieux des Elements, à la façon de la Dikè parménidienne ou du Dharma de l'hindouisme.
Le Sphaïros est Dieu. Comme l'Être de Parménide, il est homogène, continu, immobile, «égal de tous côtés»; comme l'Apeïron d'Anaximandre, il est «sans limites». En lui est le parfait «repos», qui est aussi celui du «Moteur immobile» d'Aristote ou de «l'Invariable Milieu» taoïste, - ce qui indique la non-participation du Sphaïros au manifesté : comme le Dieu de Xénophane; auquel «il ne convient pas de se mouvoir», le Sphaïros laisse à ses pensées le soin de circuler pour lui à travers l'ordre cosmique. Il ne semble pas cependant se situer au-delà de l'espace et du temps, ne sépare, comme le feront Platon et les néoplatoniciens, les mondes sensibles et intelligibles : il est le théâtre de la lutte de l'Un et du multiple, celui des différentes Racines. Ce «repos» est en même temps «solitude», - ce qui situe le Sphaïros au-delà de toute distinction séparative, de toute diversité extra-principielle. Enfin il est «en joie» (gaïon, frgt. 27), au même titre que le Purusha suprême dont l'Atmâ-Bodha déclare qu'il est «incessament rempli de béatitude».
Antérieur au multiple, sans action ni passion : fondement premier d'où sont issues toutes les manifestations; unité et identité essentielle du Soi, tel se présente le Sphaïros, auquel une définition comme celle de Tchouang-tseu pourrait être de celles qui s'appliqueraient le mieux : «Le Principe est l'origine de tout et Il influence tout, en restant indifférent».
Le caractère fragmentaire de l'oeuvre d'Empédocle empêche de savoir si ce dernier identifiait absolument «Sphaïros» et «Esprit sacré» (la phrên hièré du fragment 134). Ce qui est en tout cas remarquable, c'est la vigueur avec laquelle le sage d'Agrigente, proche encore en cela du Colophonien, réagit contre toute prétention à décrire le Divin.
Il voit et condamne dans l'anthropomorphisme une attitude anti-métaphysique, et, refusant toute adaptation aux besoin d'une époque moins intellective, a recours aux méthodes d'une véritable boie apophatique, qui est entre autres celle du nêti nêti védantique et du christianisme oriental. C'est ainsi que le Dieu d'Empédocle est déclaré «ni visible, ni saisissable»(frgt. 133), «ineffable» même (athesphatos) et qu'il n'a «ni tête, ni pieds, ni genoux, ni sexe»(frgt. 134). La Brihadâranyaka-upanishad déclare de même de l'Impérissable qu'il est «sans yeux, sans oreilles, sans voix, sans bouche»(III,8,8), et la Mundaka-upanishad, qu'il est «invisible, insaisissable, sans yeux ni oreilles, sans mains ni pieds»(I,1,6).
Ainsi la Sphaïros empédocléen ne peut être caractérisé par aucune attribution positive; et il n'est pas faux de dire qu'à l'égal du Brahman, il se trouve au-delà de toute qualification et de toute distinction.
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